Lettre ouverte à la Madame la directrice de l’Agence Régionale de Santé

Madame la directrice de l’ARS, vous avez mis en application avec zèle les politiques de Santé de Mesdames Bachelot, Touraine et Buzin. Ces politiques ont conduit au démantèlement des services d’urgence du Gers . Nous mesurons aujourd’hui les conséquences.

Désormais nous ne sommes plus en sécurité dans le Gers !

Nos services d’urgences hospitalières ne peuvent plus prendre en charge tous les patients qui en ont besoin !

En effet,

  • Huit urgentistes titulaires sont présents à Auch alors qu’il en faudrait 22 pour assurer le fonctionnement des urgences 24h/24 et 7j/7.

  • A Condom le SMUR (équipe d’intervention de terrain) est fermé toutes les nuits, laissant 32000 gersois sans recours aux urgences, chaque nuit.

Depuis plus d’un an le Comité Gersois de Défense de l’Hôpital Public, des urgentistes, le SDIS, alertent l’ARS, les pouvoirs publics, les élus, sur la dégradation du service public des urgences médicales et les dangers qui en résultent pour les citoyens dans notre département.

Depuis une grève des urgentistes auscitains et un large mouvement de protestation initié par les urgentistes de Condom, rien n’a bougé !

Malheureusement le 26 mars dernier un jeune homme de 19 ans a été victime d’un accident de travail, il a eut les deux tiers de la main tranchés par la machine sur laquelle il travaillait.

Malheureusement pour lui cela est arrivé à Condom à 8h30 ; mais à Condom le SMUR n’entre en service qu’à 9 heures, conformément à votre décision !

Il est arrivé à Purpan pour y être greffé à midi et demi. Il a perdu trois doigts ; il était ébéniste !

Une enquête de police devra mettre à jour les circonstances précises de l’accident, mais nous, nous voulons connaître les conditions précises de la prise en charge du jeune homme après l’accident et en particulier l’incidence du non fonctionnement du SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation ) au moment de l’accident.

Ce drame a provoqué l’indignation de nombreux gersois! Les habitants de notre département gersois, perdent confiance en leur service public de santé. Nous pensons aux personnes âgées, en particulier, pour qui compter sur des urgences rapides et fiables est au sens premier du terme, vital !

Les gersoises et les gersois n’ont plus accès de manière équitable à des soins d’urgence médicale à toute heure et en tout lieu du département. Vous avez rompu le lien égalitaire qui est depuis la Libération un des fondements de notre République ! Cette situation n’a que trop duré. L’heure n’est plus à l’organisation de tables rondes à la préfecture. L’heure n’est plus à l’organisation d’expertises. L’heure n’est plus à faire des bilans ou à rendre des rapports.

Nous affirmons que ce qui est en cause ce sont les restrictions successives des moyens alloués à la Santé des Françaises et des Français. Ce qui est en cause c’est la réduction des missions du service public hospitalier.

Madame la directrice, c’est votre responsabilité qui est engagée dans les conséquences de vos prises de décision et non prises de décision !

Aujourd’hui des associations, des syndicats, des partis politiques du Gers se rassemblent pour exiger

qu’aucun lieu du Gers ne soit à plus d’une demi-heure d’un SMUR, 24h/24 et 7j/7

– que toute la lumière soit faite sur les causes du dysfonctionnement des Urgences qui ont conduit à l’infirmité du jeune ouvrier condomois, il faut que la ministre demande une enquête de l’IGAS.

– le droit pour chacune et chacun à un service public des Urgences de qualité 24/24 et 7/7,

– la rénovation et la revalorisation des hôpitaux locaux,

– l’augmentation du « numerus clausus » afin de permettre le recrutement de plus de médecins urgentistes.

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APPEL :   Une demie heure pour une vie.

Aujourd’hui, nous, citoyens gersois, lançons un appel au respect des droits constitutionnels, notamment celui d’un égal accès à la santé pour tous et en particulier à un système des urgences médicales qui doit nous protéger toutes et tous.

Nous sommes des citoyens qui demandons des comptes à l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie.

L’accident du jeune condomois Antonin, n’est pas le résultat d’un concours de circonstances (ce que nous pressentons déjà comme la justification de l’ARS) mais bien le résultat, malheureux et dramatique, d’une logique de politique de santé engagée depuis plusieurs décennies, mise en œuvre fidèlement et scrupuleusement par l’ARS.

Depuis le jour de l’accident, le 26 mars, aucun questionnement, aucune remise en cause du système, c’est le grand silence à l’ARS. Les urgences sur le département fonctionnent en mode dégradé, et pour Condom, pas de SMUR la nuit en particulier. C’est une situation voulue et complètement assumée par l’ARS.

Cette position délibérée de l’ARS, qui pérennise la situation actuelle et alarmante, peut dorénavant s’appuyer sur la récente modification (2018) du décret d’organisation des urgences qui supprime le principe d’une réponse spécifique dans les 30 minutes (loi de 2015).

Nous rions aujourd’hui de ceux qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes ! 

Nous, citoyens gersois, refusons cette logique. Les gersoises et les gersois n’ont plus accès de manière équitable à des soins d’urgence médicale à toute heure et en tout lieu du département. Cette situation n’a que trop duré.

  • L’heure n’est plus à l’organisation de tables rondes à la préfecture.
  • L’heure n’est plus à l’organisation d’expertises.
  • L’heure n’est plus à faire des bilans ou à rendre des rapports.

Nous affirmons que ce qui est en cause ce sont les restrictions successives des moyens alloués à la Santé des Françaises et des Français. Ce qui est en cause c’est la réduction des missions du service public hospitalier.

Aujourd’hui des associations, des syndicats, des partis politiques du Gers signataires, appellent les gersoises et gersois à nous/les rejoindre pour créer un fort mouvement de protestation et de revendications et ainsi se faire entendre par l’ARS :

– aucun lieu du Gers ne doit être à plus d’une demi-heure d’un SMUR,

– toute la lumière doit être faite sur les causes du dysfonctionnement des Urgences qui ont conduit à l’infirmité du jeune ouvrier condomois,

– le droit pour chacune et chacun à un service public des Urgences de qualité, 24/24 et 7/7,

– revoir l’organisation départementale du système des urgences médicales en s’appuyant notamment sur le bon maillage sanitaire offert par les hôpitaux locaux.

En préparation d’actions à venir, nous invitons la population à signer une pétition sur le blog :

Signer la pétition en cliquant ici/

et la page Facebook du Comité Gersois de Défense de la Santé Publique :

https://www.facebook.com/gerssante

Faites signer cet appel autour de vous.

Auch le 16/07/2018

Le comité Gersois de Défense de la Santé Publique – La Ligue des droits de l’homme 32 – UD CGT 32 – santé CGT 32 – FSU 32 – PCF 32 – France Insoumise – Solidaires – UNSA